JEAN FREMIOT

Collection of Design présente du 22 Février au 21 Avril 2014 la série de photographies « Les intimités » de Jean Fremiot.

Les intimités
> Confidence d’un territoire comme rite de purification en tant que technologie du soi «Procédure qui relève des technologiesdu soi : la technique de la retraite,
pour laquelle il y a un mot, dont vous savez qu’il va avoir une fortune considérable dans toute la spiritualité occidentale : c’est le mot d’anakhôrêsis (l’anachorèse).

La retraite, entendue dans ces techniques de soi archaïques, c’est une certaine manière de se détacher, de s’absenter – mais s’absenter sur place – du monde à l’intérieur duquel
on est placé : couper le contact en quelque sorte avec le monde extérieur, ne plus sentir les sensations, ne plus être agité par tout ce qui se passe autour de soi, faire comme si
on ne voyait plus, et effectivement ne plus voir ce qui est présent, sous les yeux. C’est une technique, si vous voulez, de l’absence visible. On est toujours là, on est visible aux yeux
des autres. Mais on est absent, on est ailleurs.»
Michel Foucault
> Du point de détail à la vue de l’esprit, ou la rencontre paysagère à table,
dans la salle à manger.
Vu de chez soi, le paysage semble souvent proche de la contingence quotidienne
et éloigne toujours un peu plus de la notion d’exotisme. L’horizon, cette ligne
mutante en déplacement perpétuelle, pose une frontière entre le soi du moment et
l’histoire d’où l’on vient, vers laquelle on se dirige. Cette ligne abstraite
dessine pourtant un territoire à parcourir. Cette vue de l’esprit, celle qui
rythme notre temps présent, est étrangère aux nomades du monde entier car eux
seuls ont le vagabondage comme technique de soi.
Si l’on y prête plus attention, c’est à partir de ce paysage familier que se trament
les prémices des rêves intrigants, comme le font les enfants dans leurs pratiques
du jeu, là où les mythes se construisent doucement, à la lumière des imaginaires
libérés, au seuil de la cabane, de la grotte, du refuge. Dans ce cas, ce qui est
potentiellement atteignable sous l’angle de la projection est, quand on y pense,
déjà dépassé. C’est la perspective infinie, l’aventure à portée de main.
> En effet : derrière les images
Parce que la photographie ne perd jamais tout à fait son caractère d’image technique
(Baudelaire disait «scientifique») elle se situe évidemment du coté du
réalisme, du côté du document qui ne ment pas.
Mais elle porte aussi quelque chose de plus complexe au-delà du réalisme de la
représentation. Jean Baudrillard affirme qu’elle relève d’une certaine forme de
magie (les deux mots magie et image ne sont-ils pas formés des mêmes lettres) :
celle «de l’illusion radicale du monde», et d’une forme de fascination qui déplace
parfois les fausses évidences du «ça a été» vers «ce qui se pense», sens
et sensation confondus.
Andréas Gursky dit «qu’il existe visiblement un langage commun de l’inconscient
compréhensible pour tous les hommes». Les images peuvent installer une incertitude
autant qu’une évidence, une façon de déclore la pensée en ouvrant le regard.

 

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